Il y a des restaurants où l’on dîne bien. Et puis il y a ceux où l’on sent qu’une histoire se déroule, assiette après assiette, sans surjeu ni artifices. Amets, à Conde Duque, fait partie de cette deuxième catégorie. Nous y avons été pour découvrir cette table autour d’un menu dégustation en 9 services (amuse-bouches inclus). L’expérience a tenu une promesse rare. Celle d’un restaurant basque à Madrid qui assume ses racines tout en parlant une langue très contemporaine.
Amets signifie « rêve » en basque, et le nom n’est pas un slogan. Ici, le rêve est dans les détails. Un lieu à taille humaine, une cuisine qui mise sur la saison, des sauces et des fonds travaillés. Cette énergie chaleureuse rend la haute gastronomie moins solennelle, plus vivante.
Un restaurant basque à Madrid, sans folklore : chaleureux, précis, vivant
Dès l’entrée, le ton est donné. L’adresse n’a rien d’une scène théâtrale. On est plutôt sur une gastroteka à l’atmosphère sincère, où la convivialité ne masque pas l’exigence. Elle la rend simplement plus accessible. Le décor évoque l’imaginaire basque, jusque dans les illustrations murales. Le lieu garde ce côté « refuge » urbain, parfait pour un dîner qui s’étire.
Diego Sánchez : du très haut niveau à un projet intime
Diego Sánchez est un chef hors du commun et pourtant très humain. Formé au Basque Culinary Center, passé par des maisons prestigieuses, il a connu une trajectoire atypique. Diego Sanchez a été chef privé sur des yachts avant de revenir à Madrid pour lancer son premier projet en solo.
Ce parcours se lit dans sa cuisine : une technique solide, une vision nette, et surtout une volonté d’aller à l’essentiel. Amets revendique une approche centrée sur le produit et la saison. Avec une importance accordée aux fonds, aux sauces, aux cuissons. Bref, à tout ce qui fait qu’un plat reste en mémoire.
Le menu dégustation en 9 services : une progression impeccable
Notre dîner s’est construit comme une montée en intensité. Neuf services, dont des amuse-bouches, avec un rythme maîtrisé. Chaque assiette arrive au bon moment, avec une cohérence qui évite l’effet « défilé ». Le style de la maison se précise au fil du repas : des goûts francs, des textures nettes, une gourmandise assumée, et cette sensation agréable que tout est pensé pour le plaisir, pas pour la démonstration.
Parmi tous les plats, trois se sont imposés comme des “moments signature” de notre expérience.
Le tartare de bœuf : la gourmandise tenue au cordeau
Le tartare de bœuf maturé a cette évidence des plats parfaitement réglés : ni trop sage, ni trop chargé. Il joue sur la précision (la coupe, l’assaisonnement, l’équilibre ) et sur une profondeur gourmande qui donne envie d’y revenir. Ce plat, réalisé avec une émulsion de moelle, est une proposition audacieuse. Il a totalement sa place dans l’identité de la maison.

Millefeuille de pomme de terre à la truffe noire : le plat « wow » sans lourdeur
Ce millefeuille de pomme de terre à la truffe noire fait partie de ces plats qui marquent instantanément. Le confort d’une pomme de terre travaillée avec soin, la truffe qui apporte sa profondeur, et une construction qui reste élégante. Cette préparation autour d’une hollandaise et de la truffe est exactement l’esprit Amets : gourmand, mais précis, riche, mais jamais écrasant.
Le cabillaud au pil-pil : la spécialité basque dans ce qu’elle a de plus addictif
Un des grands moments du repas a été le plat de poisson, absolument succulent, porté par une sauce au pil-pil comme on les aime. Brillante, enveloppante, avec cette texture presque soyeuse qui accroche la bouche sans l’alourdir. C’est l’une des signatures de la cuisine basque, et ici, elle est traitée avec une vraie maîtrise. Vous aurez le plaisir de retrouver une délicieuse purée de topinambour.

Chuleta de bœuf au gril et poireaux : la braise comme déclaration
Et puis arrive la chuleta de bœuf au gril, accompagnée de poireaux. Là, on touche à quelque chose de très basque dans l’âme : le feu, le grillé, la franchise, mais avec un sens du détail qui fait la différence. La viande est saisie avec justesse, et les poireaux ne jouent pas les figurants. Ils apportent une douceur et une structure qui donnent au plat sa tenue. Dans ce plat, on est marqué par l’importance de la flamme et du travail du poireau dans la cuisine du chef. C’est une signature qui se ressent clairement.

Le dessert au chocolat : une finale intense et élégante
Pour conclure, le dessert au chocolat a parfaitement joué son rôle de point final : intense, profond, sans excès de sucre, avec cette impression de gourmandise « adulte ». Celle qui prolonge le repas au lieu de le casser. Cette composition autour du chocolat noir est associée à des notes aromatiques comme le romarin et l’huile d’olive. Même sans décortiquer chaque élément, on retrouve cette idée d’un chocolat travaillé, structuré, plus complexe qu’un simple dessert de fin de menu.

Accords mets-vins : le fil rouge du repas (et la claque Furlong)
S’il fallait élire le grand héros de la soirée, ce serait peut-être… le verre. Parce que les vins servis n’étaient pas simplement « bons ». Ils étaient étonnants, justes, et toujours en accord avec l’assiette. Le restaurant basque à Madrid Amets a une cave orientée vers des producteurs engagés et d’une belle offre au verre. Dans notre menu, cela s’est traduit par une série d’accords cohérents, qui valorisent les plats sans jamais les écraser. Le chef Diego Sanchez a pris le temps de nous parler de chaque vin servi, de son origine et de ses particularités.
Et au milieu de ces belles découvertes, une mention spéciale : le vin Tantaka. Une vraie surprise, presque déroutante au début, puis immédiatement addictive. Au nez, pomme et cerise noire. En bouche, cette note saisissante de foin. Comme un souvenir de campagne, sec et élégant, qui donne au vin une profondeur rare. C’est le genre d’accord qui vous fait lever les yeux de l’assiette et sourire, parce qu’il ajoute une dimension au plat au lieu de seulement l’accompagner. Merci au Chef pour cette découverte.
La gastronomie espagnole est riche et variée. Pour en savoir plus, consultez notre page gastronomie.
Pourquoi Amets mérite sa place parmi les restaurants basques à Madrid
Amets réussit quelque chose de délicat : proposer une cuisine d’auteur ancrée dans le Pays basque, mais débarrassée du folklore, avec une modernité naturelle. Le menu est parfaitement équilibré, on peut choisir à la carte. Nous avons apprécié la précision des cuissons et la gourmandise assumée. On y revient pour la braise, les assiettes qui ont du relief, et ces vins choisis avec une intelligence rare.
Si vous cherchez un restaurant basque à Madrid qui combine identité, technique et chaleur, Amets à Conde Duque mérite clairement le détour.
Laisser une réponse