Déroulement d'une rentrée des classes peu conventionnelle - Billet d'humeur

systèeme scolaire espagne
Crédit photo : Vivre Madrid

J’ai la chance d’inaugurer le 1er billet d’humeur sur Vivre Madrid. Cette nouvelle initiative a pour objectif de partager nos ressentis de « françaises vivant à Madrid ». Nous sommes deux mamans derrière ce travail. A partir de cette rentrée, nous avons allons donc intégrer quelques billets d’humeur de temps en temps pour parler de notre quotidien ou partager nos réflexions quant à nos vies ici à Madrid. Je me lance en vous parlant de notre rentrée des classes en Espagne. Vaste sujet en ce moment.

Lorsque je commence à rédiger cet article, nous sommes à J-5 avant la date officielle de la rentrée des classes à Madrid.  Cela fait bientôt 3 ans que nous vivons ici et cette année, les enfants quittent la « escuela infantil » privée pour rejoindre la « primera » (équivalent du CP), pour mon aînée et la maternelle pour la seconde. Tous les deux sont dans une école publique espagnole.

J-5 et toujours autant de questions dans nos têtes.

Ah…je retrouve bien mon côté français à vouloir maîtriser chaque détail de la situation face à la « coolitude » des espagnols. C’est sûr, cette rentrée n’a rien à voir avec les rentrées précédentes. Après 7 mois sans école, une pandémie, des gens stressés, des mesures quotidiennes drastiques, des incertitudes, c’est sûr, cette rentrée aura un goût différent. Mais une chose est sûre, je suis tellement heureuse qu’ils retrouvent le chemin de l’école.

Avouons-le, le télétravail avec des enfants est contre-productif pour tout le monde, mais ça c’est un autre sujet.

Après avoir fait quatre fois « refresh » de la page web de l’école, je désespère de voir des infos. Pas d’inquiétude, allez-vous me dire, c’est pour tout le monde pareil. La période du COVID n’aidant pas.

Dois-je acheter un uniforme ? Que dois-je mettre dans le cartable des enfants ? A quelle heure se passe la rentrée ? Autant de questions qui n’ont pas de réponses. En tant que parents, il faut le dire, nous ne sommes pas hyper patients dans ce domaine. Et au final qui cherche-t-on a rassurer ? Les enfants ou les parents ?

Après une inscription à l’école quelque peu chaotique, j’ai finalement eu la confirmation que mes enfants étaient bien inscrits le jeudi précédent la rentrée. Ouf…c’est déjà une bonne nouvelle !

Finalement, nous avons beaucoup de chance car l’école a organisé une réunion avec les parents pour les classes dîtes « charnières ». Et je sais que ce n’est pas partout le cas. Nous avons eu donc toutes les informations concernant la rentrée à ce moment là.

Jour J de notre rentrée des classes en Espagne: entre soulagement et questionnement.

Ce fameux jour J. On l’a attendu si longtemps. Il nous rend complètement dingue.

15 236 messages WhatsApp plus tard avec les parents de l’école, cartable sur le dos, goûter en poche, masque sur le nez, en route vers l’inconnu, vers une  nouvelle école. Pas une nouvelle école comme on l’entend mais une nouvelle manière d’éduquer nos enfants.

Comment peut-on demander à des enfants de maintenir une distanciation sociale, de ne pas prêter ses crayons ? De ne pas jouer avec les même jouets que le petit camarade ? Tout ce que l’on leur impose est complètement à l’opposé d’une éducation fondée sur l’ouverture et le partage.

Le process dans notre école est assez strict. Nous laissons nos enfants au portail de l’école avec des moniteurs qui prennent leur température. Ils rejoignent ensuite leur classe. Pas de mélange de classes. Chaque groupe doit rester « dans sa bulle ».  Le créneau horaire de 5 minutes pour les déposer est infernal. On attend devant l’école en arrivant bien en avant pour ne pas manquer ce « créneau ». Les enfants s’impatientent pour au final ne plus vouloir entrer dans cet établissement qui s’apparente visuellement davantage à un hôpital qu’à une école .

Nous ne verrons probablement jamais la classe de nos enfants si la situation reste ainsi.

Les équipes éducatives font leur maximum pour apporter de la bienveillance mais ce stress ambiant flotte dans l’air à des kilomètres à la ronde.

J+2 : Doutes et inquiétudes.

Le scénario 2 actuel engendre la multiplication de classes pour ne pas dépasser 20 enfants par classe. Des classes apparentées à des des groupes éphémères, changement de prof chaque jour pour ma plus petite en Grande section, voire pas encore de professeur attribué pour les enfants d’Alice. Je me pose effectivement la question du bien-être de l’enfant dans cette situation. L’école ne deviendrait-elle pas plus source de stress que d’apprentissage ? On ne nous parle que des mesures sanitaires, de l’organisation au détriment des projets pédagogiques ?

Nous savions que cette année ne serait pas comme les autres mais aujourd’hui en tant que parent, je me demande comment peut-on accepter cette situation ? Finalement qu’est-ce qui est le plus traumatisant pour l’enfant : un confinement ou une école où les termes ‘mesures sanitaires’ sont plus importants que l’apprentissage ? Le port du masque toute la journée pour les enfants à partir de 6 ans me parait inconcevable. Une véritable torture pour eux à tous niveaux.

Chaque jour, l’école prend aussi ses marques et s’organise de mieux en mieux. De notre côté, nous respectons les règles scrupuleusement et essayons de leur faciliter le travail autant que possible. Et j’espère que les choses vont évoluer et que les mesures pourront être assouplies dès que cela sera possible.

J’espère que de votre côté la rentrée des classes en Espagne s’est bien passée. N’hésitez pas à partager vos ressentis dans les commentaires.

Emilie signature vivre madrid

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